interview spéciale : Vincent Blénet 2/3

 

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Suite de l’interview spéciale de Vincent Blénet, dont vous pouvez lire la première partie ici. J’attire l’attention des internautes sur le caractère particulièrement sombre et violent de cette partie de l’interview.

L’Ami des Auteurs : Vous vous dites passionné par Marilyn Manson. Comment décririez-vous cet artiste présenté comme sulfureux ? Qu’est-ce qui vous attire chez lui ? Quelle inspiration tirez-vous de son travail et de son œuvre ? Quelles autres influences exerce-t-il sur vous ?

Vincent Blénet : oui, passionné je l’ai été. Pendant de longues années. J’ai étudié cet homme pendant 8 années, au travers de livres, articles, reportages, vidéos Youtube, etc…. j’ai vraiment beaucoup travaillé sur lui, je lui ai consacré beaucoup de fictions, bref, il a fait partie intégrante de ma vie (et par voie de conséquence de celle de ma mère que j’ai dû gonfler parfois…). J’ai tenté de partager cela avec mon père qui m’a jeté de suite en me disant « tu es Satan, tu finiras par sacrifier des bébés dans des messes noires sataniques » ! Un paternel très aimant !!! Ma grand-mère par contre s’est aussi intéressée à lui, pour comprendre ce qui me fascinait. Avec elle je pouvais en parler et partager, comme avec maman. Ça m’a fait du bien ce partage. Mamy elle bougeait son index lorsqu’elle écoutait certaines de ses chansons, j’adorais ça. Cet homme est sulfureux en apparence, un genre qu’il exploite, c’est son fond de commerce. Dans la vie il est tout autre. Mais il joue de la provocation pour attirer la lumière sur lui. Ce qui m’a attiré chez lui c’est sa plume, et aussi ce côté ténébreux, bien qu’outrancier, et même mystique par certains côtés. Hurler sa douleur c’est quelque chose qui me ressemble. Ce que je garde de cette période c’est d’abord d’avoir appris à me concentrer davantage sur mon travail. A me détacher du monde des paillettes. Enfin, j’adore ses bagues, son côté gothique. C’est pour cette raison que je porte souvent des tas de bagues gothiques. Ça me plaît. Personnellement, être gothique pour moi c’est une façon d’être, qu’il a exacerbée un peu trop pour moi. On peut être gothique sans outrance.

Pour ma part, j’exprime ma personnalité Gothique dans mes textes, dans mon sarcasme, dans mon subconscient et dans mes sentiments à la fois charnels et romantiques envers ces demoiselles… En ce qui concerne mes scarifications, certes c’est mon coté impulsif mélangé à ma souffrance qui s’est inspirée à Goth. Mais, en aucun cas ce n’est l’esprit Gothique qui m’a poussé à scarifier mes bras. La raison provient de variantes, je m’explique. Dans ma rage colérique à l’égard de la vie, et comme la Vie m’empêche de VIVRE, j’ai gravé, en symboles de défiances ostentatoires, à quel degré je méprise l’esclavagisme forcé de l’existence où il n’y a jamais d’espoir et de belles choses, dissimulés dans le purin implacable de la Vie. Secondement, il me fallait prouver à quel point j’étais barge et donc intouchable, parce que je n’ai jamais su me défendre, j’ai toujours subi mes nombreux tabassages collégiens et ceux dans la rues. Etant donné ma timidité maladive et ma fragilité, je devais montrer le chaos face aux gars violents de l’extérieur. Enfin, j’ai tailladé mes bras en guise de tatouages de guerres, histoire de me rappeler le visage de celles que j’ai honteusement aimées, bien qu’elles, elles m’aient bousillées avec frivolités aiguisées le cœur et l’âme. J’ai avalé l’enfer, l’horreur, la peur, les douleurs et toute la psychédélique haine jouissive et sadique qui encrasse vos raisonnements distingués. Alors, à force, je suis le résultat de vos frayeurs et échecs…

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L’Ami des Auteurs : Vous avez cherché à entrer en contact avec Marilyn Manson. Avez-vous réussi ? Que vous ayez réussi ou non, quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

Vincent Blénet : J’ai de multiples fois essayé d’attirer l’intérêt de cet artiste, sans aucun succès. Pire même. En effet, déjà en 2012 lors de sa tournée pour son disque « born vilain » il devait faire un concert à Carcassonne, nous avions, avec l’aide précieuse de ma maman, fait 8 mois de négociation avec la direction du festival de Carcassonne et ils nous avaient laissés comprendre qu’il me serait possible de parvenir à une rencontre avec Marilyn Manson. Le jour du concert, je suis parti avec un pote là-bas. Je venais tout juste de faire publier un livre, le cinquième, intitulé « Archimandrite Ténébreux ». Cet ouvrage était presque entièrement composé de fictions sur Marilyn Manson, c’était mes premières approches fictives de mises en scène sur ‘le’ personnage. J’avais réussi l’exploit de ‘convertir’ quelques prêtres à l’artistique de Marilyn Manson, bien entendu avec l’aide de mon ami prêtre Dominicain Jean-Marie Zanga, lequel m’a fait l’extrême gentillesse de témoigner sur 2 vidéos de promos en 2014 et 2015, où il explique que Marilyn Manson n’est en rien satanique. Bref, pour revenir à Carcassonne, nous arrivons et nous cherchons le journaliste qui était un de nos contacts pour « la rencontre ». Il nous conduit vers l’entrée du concert qui se trouvait à l’intérieur d’un ‘théâtre médiéval’ dans un château. Je rencontre le directeur du festival, lequel est assez peu aimable, il me demande sèchement ce que j’espère. Je lui explique alors que j’ai étudié longtemps cet artiste et qu’il est le sujet principal de mon ouvrage publié 2 mois auparavant, mais également une de mes influences d’écrivain. Le directeur attrape froidement, tel un PQ marronné avec mes hémorroïdes sanglantes, l’ouvrage et part en coulisses back stage pour demander à Marilyn Manson. Nous avons attendu plus d’une heure trois quarts pour avoir un refus catégorique. En effet, le journaliste reçut un appel du directeur et fonça vers les abords du concert. Il revint seul car le directeur n’assuma pas, et la réponse fut « Manson était assis, on lui a demandé, voulez vous accorder une brève rencontre à cet écrivain ? Et il m’a fait signe de l’index NON !!! » Voilà la réponse. Pour moi évidement c’était le choc quasi meurtrier. J’ai très mal vécu ce concert, surtout qu’après j’en ai parlé avec mon père les 2 dernières fois avant sa mort. Marilyn Manson fut l’ultime outil pour que mon papa m’incendie férocement. Outre les « t’as la gueule du diable, dans 10 ans Romain Dupuis (le décapiteur au sabre de Pau en 2004) c’est toi, viens pas me voir parce que les gens croient que je fréquente des clodos, putain tu peux dire que je t’aime car tu me coûte 30 kilomètres de gasoil pour te voir, t’as droit qu’à des laides…. » Oui mon père me HAÏSSAIT et n’avait aucune estime envers ma plume. Papa voulait que je sois alcoolique et que je rapporte assez d’argent, quitte à ce que je tapine sur un trottoir et que mon cul se fasse suffisamment déglinguer par des zboob pour que j’aie du fric, afin que mon père ne paye plus la pension alimentaire de 300 euros, alors qu’il percevait 5000 euros par mois et que maman, elle, était étranglée financièrement, seule évidemment. J’ai essayé pendant les dix dernières années de sa vie d’obtenir l’affection d’un papa, en vain malheureusement. Mon père a toujours était honteux de m’avoir, d’ailleurs j’ai été l’élément spermatique afin qu’il ‘possède’ maman et qu’il en fasse ‘sa’ boniche esclave. Heureusement ma mère est une battante, une femme courageuse et elle est suprêmement intelligente. Bref, pour revenir à mes dernières conversations Mansonniènes avec mon père, il m’engueule car à travers ma déception, lui il souligne l’ampleur de mes échecs « de toute façon, t’es un raté, t’es un minable, t’es même pas rentable. J’ai honte d’être ton père, j’ai honte que tu sois mon fils. J’aurais jamais du te sortir de mes couilles !!! » Là-dessus je lui réponds par une insulte et lui raccroche au nez violement. Deux jours après j’apprends sa mort, nous nous rendons au funérarium et j’observe le cadavre de papa, lequel était défiguré par l’excès de liquide d’embaumement interne qui gonflait sa dépouille boudinée dans un costard minable. Puis à la messe d’enterrement, je regarde le cercueil de papa entrer dans le four crématoire pour devenir cendre. Ce premier et fort impact avec Marilyn Manson m’avait secoué, mais j’ai essayé encore d’entrer en contact avec ce dernier.

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Marilyn Manson aux Eurockéennes de Belfort 2007 (photo Rama)

En aout 2015, lors de la tournée de Quentin Dupieux alias Mr Oizo, j’ai, par l’intermédiaire d’une amie, pu lui faire passer mes 10 premiers livres. Dupieux m’écrit un mail 1h avant de passer sur scène pour me dire d’écrire une lettre à Marilyn Manson et qu’il la lui transmettra personnellement. Aussi je rédige une lettre détaillée et l’envoie. La réponse cinglante arrive de Dupieux, c’est un NON catégorique de la part de Marilyn Manson. Il semblerait que celui-ci s’en foute de mes travaux et de tout ce qui vient de ma part… J’ai même essayé d’approcher Ozzy Osbourne lors de son passage à Paris en décembre 2013. Je venais de publier mon ouvrage le plus chaotique et représentant mes excès, à la suite du décès de mon père, intitulé « Play@Vif ». Ma grand-mère m’avait offert, peu de temps avant sa mort, le meet&greet pour rencontrer Ozzy Osbourne. Les 2 places pour moi et un ami étaient à 900 euros. Arrivés sur place, après une journée dans les RER parisiens, nous nous présentons à l’organisme du meet&greet, lequel (par l’intermédiaire d’un jeune homme) nous avait confirmé par téléphone que la rencontre avait lieu à 23h. Or il est 20h.  Les responsables nous disent « la rencontre était à 16h, on en a rien à faire et on rembourse rien » c’est alors que les 2 agents de sécurité en costumes cravates nous montrent les gazeuses lacrymaux « pas de scandale ou on vous gaze ». Ensuite ma grand-mère est morte, j’en souffre beaucoup. Au lieu d’une belle rencontre et d’un soutient rêvé avec Ozzy Osbourne (et Marilyn Manson) le dernier cadeau de ma mamy fut l’image d’elle suffoquant sur son lit étouffé par les litres de sangs dans ses poumons suite à 3 infarctus, baignant dans ses excréments, car entre le manque d’air et la cruralgie de feux qu’elle ressentait dans ses jambes, elle n’arrivait pas à être digne hygiéniquement avant de trépasser. Et je revois l’enflure de Schtroumpf mongolien du SAMU la regarder s’étouffer en me disant « elle a plus de souffles que vous et moi » oui, d’ailleurs elle en est morte !!! Voilà,  les rencontres avec des artistes. Des menaces, des deuils, de l’argent perdu…

Propos recueillis par Frédéric Candian pour L’ami des Auteurs. A suivre…

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